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dimanche 10 août 2014

Faillite

Les bureaux ont fermé. On débarasse les lieux, siouplaît.

Gare de Lyon - guichets - salle des Fresques - friche industrielle
Gare de Lyon - guichets - salle des Fresques - friche industrielle

Ce n'est tout de même pas Detroit, mais de vieux fauteuils en cuir craqué trônent encore sur les hauts plateaux désertiques.
Gare de Lyon - guichets - salle des Fresques - friche industrielle
Gare de Lyon - guichets - salle des Fresques - friche industrielle


Depuis le déménagement on est au calme. Des gosses geignent au loin, mais cela reste supportable ; un genre de ressac. On n'est pas dérangé, on peut se concentrer sur les symétries.

Gare de Lyon - guichets - salle des Fresques - friche industrielle

Même le vent ne fait pas de bruit, il ne reste plus que deux vieux fantômes pour faire la ronde encore, et encore, alors qu'il n'y a plus rien à voler.



Gare de Lyon - guichets - salle des Fresques - friche industrielle

lundi 21 avril 2014

Passants

Sans vouloir refaire le coup de Strangers In The Night...

Les inconnus en imper qui font claquer leurs chaussures sur les pavés brillants de pluie, les silhouettes découpées dans les phares de voiture...

Si ça ne rappelle pas Sinatra, ça évoque forcément Bogart, le privé en planque, le feutre mou qui cache le regard et protège le mégot incandescent de la bruine, le Colt dans la poche, et la femme fatale qui va foutre en l'air l'enquête...

Shadows Night Macadam BogartShadows Night Macadam Bogart


Shadows Night Macadam BogartShadows Night Macadam Bogart


samedi 30 novembre 2013

Charleroi - 9 - Terril

Tout cela se passe de (pour l'instant) de commentaires. Description à venir prochainement
 Reportage réalisé avec l'aide de RQP, Wacko Jacko et Pineapple Chris, sous la direction de l'autoproclamé "seul artiste du village" : http://www.charleroiadventure.com

Charleroi n°9, un dernier regard depuis le terril.


Charleroi-terril-paysage-landscape-usines
La lune, les mares et les herbes folles


Charleroi-terril-paysage-landscape-usines
Et au milieu coule une cheminée


vendredi 29 novembre 2013

Charleroi - 5 - entrepôt loft

Tout cela se passe de (pour l'instant) de commentaires. Description à venir prochainement
 Reportage réalisé avec l'aide de RQP, Wacko Jacko et Pineapple Chris, sous la direction de l'autoproclamé "seul artiste du village" : http://www.charleroiadventure.com

Charleroi n°5, des entrepôts désaffectés reconvertis en loft trash.

Charleroi - entrepot - loft - artiste


Charleroi - entrepot - loft - artisteCharleroi - entrepot - loft - artiste


Charleroi - entrepot - loft - artisteCharleroi - entrepot - loft - artiste
 Say hello to my little friends : Cloclo avec une moustache et une vieille télé


Charleroi - entrepot - loft - artiste

Et soudain la pluie laisse place au soleil

dimanche 25 août 2013

Un pont entre deux rives

Entre Choisy-le-Roi et Alfortville, dans le Val-de-Marne, l'autoroute A86 enjambe la Seine.

A86 - pont - béton - Seine - Ca - Stephen King

C'est un aqueduc charriant un flux ininterrompu de boîtes à quatre roues.



A86 - pont - béton - Seine - Ca - Stephen KingA86 - pont - béton - Seine - Ca - Stephen King

En-dessous, sous le pont près du fleuve, le béton est roi, les lignes droites et courbes se marient, les dégoulinures indiquent la verticale. C'est un nid douillet pour les pigeons.

A86 - pont - béton - Seine - Ca - Stephen KingA86 - pont - béton - Seine - Ca - Stephen King

En-dessous, sous le pont près du fleuve, les détails des piles de l'ouvrage forment de singulières œuvres abstraites.



A86 - pont - béton - Seine - Ca - Stephen King

En-dessous, sous le pont, "là en bas" comme le susurre Grippe-Sou le clown, aurait pu se tenir la scène inaugurale du roman-fleuve de Stephen King. Le réveil de la bête qui se remet en chasse, Grippe-Sou le clown aux ballons flottant contre le vent, dévorant le jeune Adrian Melon tout juste balancé du haut d'un pont sordide par des loubards...Vingt-sept ans après le petit frère de Billy, le meurtre rituel remet en ordre de bataille dispersé le Club des Ratés.






mardi 28 mai 2013

Jardin d'hiver


Apocalypse Demain Dr Gonzo
Vu à la Tête d'Or, après-midi brumeux...


 Des ombres malfaisantes se dessinent derrière les vitres crasseuses des grandes serres.


Apocalypse Demain Dr Gonzo
Le sanatorium des tortues abandonnées se mue, au cours de l'hiver, en cimetière de carapaces.


mercredi 8 mai 2013

Passage Choiseul

Le Passage Choiseul dans le IIè arrondissement de Paris fut terminé en 1827. Il est aujourd'hui en semi-abandon, il vivote. Ouvert de neuf à vingt heures, voilà tout.

Au pic de son activité, il était rempli de magasins et de logements, et surtout, entre les deux Expositions Universelles, un petit jeunot y demeura avec ses parents commerçants. Le petit Louis-Ferdinand Destouches devait se souvenir de ce qu'il y avait vu, de la misère humaine et de l'envers du décor du Paris de la Belle Epoque. Dans Mort à Crédit, c'est rebaptisé "Passage des Bérésinas", et à en croire son verbe bondissant et obscène, cette petite rue couverte condensait à elle seule toute la bassesse, la pauvreté cachée et la saleté qui présidait en ces temps clinquants en façade.

Apocalypse Demain - Dr Gonzo




Les mots de Céline sont si pleins de bruit et de fureur qu'ils se passent de tout commentaire. Suffit de lire ; ça peut vous rester sur l'estomac quand on a pas l'habitude, mais rapidement on s'habitue, et on se délecte. Ca a des airs de revenez-y, cette plongée en enfer, avec force détails répugnants, scatologiques...Et en prime, on trouve toujours au milieu des saillies délirantes, ces pépites, des traits de plume définitifs qui volent haut, si haut, comme pour tenir la fange à distance le temps d'une phrase...

« Il faut avouer que le Passage, c’est pas croyable comme croupissure. C’est fait pour qu’on crève, lentement mais à coup sûr, entre l’urine des petits clebs, la crotte, les glaviots, le gaz qui fuit. C’est plus infect qu’un dedans de prison. Sous le vitrail, en bas, le soleil arrive si moche qu’on l’éclipse avec une bougie. Tout le monde s’est mis à suffoquer. Le Passage devenait conscient de son ignoble asphyxie !...On ne parlait plus que de campagnes, de monts, de vallées, de merveilles… »

Apocalypse Demain - Dr GonzoApocalypse Demain - Dr Gonzo

« Fallait se méfier du vol et de la casse, les rogatons c’est fragile. J’ai défiguré sans le faire exprès des tonnes de camelote. L’antique ça m’écœure encore, c’est de ça pourtant qu’on bouffait. C’est triste les raclures du temps…C’est infect, c’est moche. »

« Papa, il en dormait plus. Son cauchemar c’était le nettoyage du carré devant notre boutique, les dalles qu’il fallait qu’il rince tous les matins avant de partir au bureau.
Il sortait avec son seau, son balai, sa toile et en plus la petite truelle qui servait pour les étrons, à glisser dessous, les faire sauter dans la sciure. C’était la pire avanie pour un homme de son instruction. Des étrons, il en venait toujours davantage, et bien plus devant chez nous qu’ailleurs, en large comme en long. C’était sûrement un complot. »
 
Apocalypse Demain - Dr Gonzo

« Soudain, [au Passage], on a découvert que tout le monde était « pâlot ». On se refilait des conseils entre boutiques et magasins. On ne pensait plus que par microbes et aux désastres de l’infection. Les mômes ils l’ont sentie passer la sollicitude des familles. Il a fallu qu’ils se la tapent, l’Huile de Foie de Morue, renforcée, à redoublements, par bonbonnes et par citernes. Franchement ça faisait pas grand-chose…Ça leur donnait des renvois. Ils en devenaient encore plus verts, déjà qu’ils tenaient pas en l’air, l’huile leur coupait toute la faim. »

Apocalypse Demain - Dr Gonzo
Marionnettes flippantes semblant avertir d'un danger qui rôde




Apocalypse Demain - Dr Gonzo
Avant des becs de gaz, maintenant lampions façon fête foraine

« Souvent, j’en croise, des indignés qui [la] ramènent…C’est que des pauvres culs coincés…Des petits potes, des ratés jouisseurs…C’est de la révolte d’enfiltré…C’est pas payé, c’est gratuit…Des vraies godilles…
Ça vient de nulle part…Du lycée, peut-être…C’est de la parlouille, c’est du vent. La vraie haine, elle vient du fond, elle vient de la jeunesse, perdue au boulot sans défense. Alors celle-là qu’on en crève. Y aura encore si profond qu’il en restera tout de même partout. Il en jutera assez pour qu’elle empoisonne, qu’il pousse plus dessous que des vacheries, entre des morts, entre les hommes. »

Louis-Ferdinand Céline - Mort à Crédit - 1936

lundi 6 mai 2013

Les fanatiques

En 2010, à un concours de groupes de rock, au Trabendo, à Paris XIXè.

Un tremplin rock. Ils sont jeunes, se déchaînent, ils applaudissent leurs camarades de classe - héros d'un soir.
Apocalypse demain - Dr Gonzo
Oui, mon idole, je te veux !

Apocalypse demain - Dr GonzoApocalypse demain - Dr Gonzo
 Les fans, cela peut aussi être : 
1 - un ectoplasme tout droit sorti d'un tableau relativement connu de Münch ; 
2 - ou bien un vampire albinos prêt à vider le guitariste de son plasma



Apocalypse demain - Dr Gonzo

jeudi 11 avril 2013

Dix-neuf dix-neuf

Au bord du canal de l'Ourcq, quais de Seine, quais de Loire,
entre chien et loup,
entre noir et blanc,
de la couleur au monochrome.

Canal de l'Ourcq - panoramique coucher de soleil
Chamarré début de crépuscule, souffler le froid et le chaud, du bleu à l'orange


Petite ceinture
Sous l'ancien chemin de fer de petite ceinture, les petits rivets s'accrochent


Petite Ceinture
Les mêmes points de vues, mais différents

samedi 16 février 2013

Sombres secrets

fenêtres cave mauvaises herbes

D'inquiétants secrets rampent dans la cave, se faufilent sous les planches pourries et dansent avec le liseron...

samedi 19 janvier 2013

Grandes lignes verticales

L'angoissante ombre étalée dans un hall d'entrée de vieil immeuble...

Paris, XIXè arrondissement



Les barreaux sur la pierre nocturne renvoient, ou peuvent renvoyer, au déroutant drapé d'un rideau infini absorbant les longs rayons rectilignes...Au solide drapé des piliers crantés du Panthéon parisien...



Rideau hotel république tchèquePillars in the frech Pantheon

mardi 15 janvier 2013

D'autres ombres



 La fête battait-elle son plein...Ou bien était-elle déjà terminée ?


jeudi 27 décembre 2012

Perdu dans les reliques

Petit enfant perdu parmi les sculptures mortes, dans la National Gallery de Liverpool.

Paumé au milieu d'un fatras de statues figées, de bustes accusateurs, dans la réserve d'un musée, il s'est peut-être imaginé pris en otage par des mannequins de mode, de gros cerbères en plastique, une armée immobile et sans visage qui l'empêcherait de distinguer une sortie...

Tu es très loin de chez toi, mon petit...

National Gallery Liverpool
Ici-bas, personne ne t'entendra crier...


(photo prise en août 2008)