Les bureaux ont fermé. On débarasse les lieux, siouplaît.
Ce n'est tout de même pas Detroit, mais de vieux fauteuils en cuir craqué trônent encore sur les hauts plateaux désertiques.
Depuis le déménagement on est au calme. Des gosses geignent au loin, mais cela reste supportable ; un genre de ressac. On n'est pas dérangé, on peut se concentrer sur les symétries.
Même le vent ne fait pas de bruit, il ne reste plus que deux vieux fantômes pour faire la ronde encore, et encore, alors qu'il n'y a plus rien à voler.
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lundi 21 avril 2014
Passants
Sans vouloir refaire le coup de Strangers In The Night...
Les inconnus en imper qui font claquer leurs chaussures sur les pavés brillants de pluie, les silhouettes découpées dans les phares de voiture...
Si ça ne rappelle pas Sinatra, ça évoque forcément Bogart, le privé en planque, le feutre mou qui cache le regard et protège le mégot incandescent de la bruine, le Colt dans la poche, et la femme fatale qui va foutre en l'air l'enquête...
Les inconnus en imper qui font claquer leurs chaussures sur les pavés brillants de pluie, les silhouettes découpées dans les phares de voiture...
Si ça ne rappelle pas Sinatra, ça évoque forcément Bogart, le privé en planque, le feutre mou qui cache le regard et protège le mégot incandescent de la bruine, le Colt dans la poche, et la femme fatale qui va foutre en l'air l'enquête...
samedi 30 novembre 2013
Charleroi - 9 - Terril
Tout cela se passe de (pour l'instant) de commentaires. Description à venir prochainement
Reportage réalisé avec l'aide de RQP, Wacko Jacko et Pineapple Chris, sous la direction de l'autoproclamé "seul artiste du village" : http://www.charleroiadventure.com
Charleroi n°9, un dernier regard depuis le terril.
Reportage réalisé avec l'aide de RQP, Wacko Jacko et Pineapple Chris, sous la direction de l'autoproclamé "seul artiste du village" : http://www.charleroiadventure.com
Charleroi n°9, un dernier regard depuis le terril.
| La lune, les mares et les herbes folles |
| Et au milieu coule une cheminée |
vendredi 29 novembre 2013
Charleroi - 5 - entrepôt loft
Tout cela se passe de (pour l'instant) de commentaires. Description à venir prochainement
Reportage réalisé avec l'aide de RQP, Wacko Jacko et Pineapple Chris, sous la direction de l'autoproclamé "seul artiste du village" : http://www.charleroiadventure.com
Charleroi n°5, des entrepôts désaffectés reconvertis en loft trash.
Reportage réalisé avec l'aide de RQP, Wacko Jacko et Pineapple Chris, sous la direction de l'autoproclamé "seul artiste du village" : http://www.charleroiadventure.com
Charleroi n°5, des entrepôts désaffectés reconvertis en loft trash.
Say hello to my little friends : Cloclo avec une moustache et une vieille télé
Et soudain la pluie laisse place au soleil
dimanche 25 août 2013
Un pont entre deux rives
Entre Choisy-le-Roi et Alfortville, dans le Val-de-Marne, l'autoroute A86 enjambe la Seine.
C'est un aqueduc charriant un flux ininterrompu de boîtes à quatre roues.
En-dessous, sous le pont près du fleuve, le béton est roi, les lignes droites et courbes se marient, les dégoulinures indiquent la verticale. C'est un nid douillet pour les pigeons.
En-dessous, sous le pont près du fleuve, les détails des piles de l'ouvrage forment de singulières œuvres abstraites.
En-dessous, sous le pont, "là en bas" comme le susurre Grippe-Sou le clown, aurait pu se tenir la scène inaugurale du roman-fleuve de Stephen King. Le réveil de la bête qui se remet en chasse, Grippe-Sou le clown aux ballons flottant contre le vent, dévorant le jeune Adrian Melon tout juste balancé du haut d'un pont sordide par des loubards...Vingt-sept ans après le petit frère de Billy, le meurtre rituel remet en ordre de bataille dispersé le Club des Ratés.
mardi 28 mai 2013
Jardin d'hiver
| Vu à la Tête d'Or, après-midi brumeux... |
Des ombres malfaisantes se dessinent derrière les vitres crasseuses des grandes serres.
| Le sanatorium des tortues abandonnées se mue, au cours de l'hiver, en cimetière de carapaces. |
mercredi 8 mai 2013
Passage Choiseul
Le Passage Choiseul dans le IIè arrondissement de Paris fut terminé en 1827. Il est aujourd'hui en semi-abandon, il vivote. Ouvert de neuf à vingt heures, voilà tout.
Au pic de son activité, il était rempli de magasins et de logements, et
surtout, entre les deux Expositions Universelles, un petit jeunot y
demeura avec ses parents commerçants. Le petit Louis-Ferdinand
Destouches devait se souvenir de ce qu'il y avait vu, de la misère
humaine et de l'envers du décor du Paris de la Belle Epoque. Dans Mort à Crédit,
c'est rebaptisé "Passage des Bérésinas", et à en croire son verbe
bondissant et obscène, cette petite rue couverte condensait à elle seule
toute la bassesse, la pauvreté cachée et la saleté qui présidait en ces
temps clinquants en façade.
Les mots de Céline sont si pleins de bruit et de fureur qu'ils se passent de tout commentaire. Suffit de lire ; ça peut vous rester sur l'estomac quand on a pas l'habitude, mais rapidement on s'habitue, et on se délecte. Ca a des airs de revenez-y, cette plongée en enfer, avec force détails répugnants, scatologiques...Et en prime, on trouve toujours au milieu des saillies délirantes, ces pépites, des traits de plume définitifs qui volent haut, si haut, comme pour tenir la fange à distance le temps d'une phrase...
« Il faut avouer que le Passage, c’est pas croyable comme croupissure. C’est fait pour qu’on crève, lentement mais à coup sûr, entre l’urine des petits clebs, la crotte, les glaviots, le gaz qui fuit. C’est plus infect qu’un dedans de prison. Sous le vitrail, en bas, le soleil arrive si moche qu’on l’éclipse avec une bougie. Tout le monde s’est mis à suffoquer. Le Passage devenait conscient de son ignoble asphyxie !...On ne parlait plus que de campagnes, de monts, de vallées, de merveilles… »
« Fallait se méfier du vol et de la casse, les rogatons c’est fragile. J’ai défiguré sans le faire exprès des tonnes de camelote. L’antique ça m’écœure encore, c’est de ça pourtant qu’on bouffait. C’est triste les raclures du temps…C’est infect, c’est moche. »
« Papa, il en dormait plus. Son cauchemar c’était le
nettoyage du carré devant notre boutique, les dalles qu’il fallait qu’il rince
tous les matins avant de partir au bureau.
Il sortait avec son seau, son balai, sa toile et en plus la
petite truelle qui servait pour les étrons, à glisser dessous, les faire sauter
dans la sciure. C’était la pire avanie pour un homme de son instruction. Des
étrons, il en venait toujours davantage, et bien plus devant chez nous qu’ailleurs,
en large comme en long. C’était sûrement un complot. »
« Soudain, [au Passage], on a découvert que tout le
monde était « pâlot ». On se refilait des conseils entre boutiques et
magasins. On ne pensait plus que par microbes et aux désastres de l’infection.
Les mômes ils l’ont sentie passer la sollicitude des familles. Il a fallu qu’ils
se la tapent, l’Huile de Foie de Morue, renforcée, à redoublements, par
bonbonnes et par citernes. Franchement ça faisait pas grand-chose…Ça leur
donnait des renvois. Ils en devenaient encore plus verts, déjà qu’ils tenaient
pas en l’air, l’huile leur coupait toute la faim. »
| Marionnettes flippantes semblant avertir d'un danger qui rôde |
| Avant des becs de gaz, maintenant lampions façon fête foraine |
« Souvent, j’en croise, des indignés qui [la]
ramènent…C’est que des pauvres culs coincés…Des petits potes, des ratés
jouisseurs…C’est de la révolte d’enfiltré…C’est pas payé, c’est gratuit…Des
vraies godilles…
Ça vient de nulle part…Du lycée, peut-être…C’est de la
parlouille, c’est du vent. La vraie haine, elle vient du fond, elle vient de la
jeunesse, perdue au boulot sans défense. Alors celle-là qu’on en crève. Y aura
encore si profond qu’il en restera tout de même partout. Il en jutera assez
pour qu’elle empoisonne, qu’il pousse plus dessous que des vacheries, entre des
morts, entre les hommes. »
Louis-Ferdinand Céline - Mort à Crédit - 1936
lundi 6 mai 2013
Les fanatiques
En 2010, à un concours de groupes de rock, au Trabendo, à Paris XIXè.
Un tremplin rock. Ils sont jeunes, se déchaînent, ils applaudissent leurs camarades de classe - héros d'un soir.
Un tremplin rock. Ils sont jeunes, se déchaînent, ils applaudissent leurs camarades de classe - héros d'un soir.
| Oui, mon idole, je te veux ! |
Les fans, cela peut aussi être :
1 - un ectoplasme tout droit sorti d'un tableau relativement connu de Münch ;
2 - ou bien un vampire albinos prêt à vider le guitariste de son plasma
Publié par
Dr Gonzo
Référencé dans :
musique en image,
nuit,
ombres
jeudi 11 avril 2013
Dix-neuf dix-neuf
Au bord du canal de l'Ourcq, quais de Seine, quais de Loire,
entre chien et loup,
entre noir et blanc,
de la couleur au monochrome.
entre chien et loup,
entre noir et blanc,
de la couleur au monochrome.
| Chamarré début de crépuscule, souffler le froid et le chaud, du bleu à l'orange |
![]() |
| Sous l'ancien chemin de fer de petite ceinture, les petits rivets s'accrochent |
Les mêmes points de vues, mais différents
samedi 16 février 2013
Sombres secrets
D'inquiétants secrets rampent dans la cave, se faufilent sous les planches pourries et dansent avec le liseron...
samedi 19 janvier 2013
Grandes lignes verticales
L'angoissante ombre étalée dans un hall d'entrée de vieil immeuble...
Les barreaux sur la pierre nocturne renvoient, ou peuvent renvoyer, au déroutant drapé d'un rideau infini absorbant les longs rayons rectilignes...Au solide drapé des piliers crantés du Panthéon parisien...
| Paris, XIXè arrondissement |
Les barreaux sur la pierre nocturne renvoient, ou peuvent renvoyer, au déroutant drapé d'un rideau infini absorbant les longs rayons rectilignes...Au solide drapé des piliers crantés du Panthéon parisien...
mardi 15 janvier 2013
jeudi 27 décembre 2012
Perdu dans les reliques
Petit enfant perdu parmi les sculptures mortes, dans la National Gallery de Liverpool.
Paumé au milieu d'un fatras de statues figées, de bustes accusateurs, dans la réserve d'un musée, il s'est peut-être imaginé pris en otage par des mannequins de mode, de gros cerbères en plastique, une armée immobile et sans visage qui l'empêcherait de distinguer une sortie...
Tu es très loin de chez toi, mon petit...
(photo prise en août 2008)
Paumé au milieu d'un fatras de statues figées, de bustes accusateurs, dans la réserve d'un musée, il s'est peut-être imaginé pris en otage par des mannequins de mode, de gros cerbères en plastique, une armée immobile et sans visage qui l'empêcherait de distinguer une sortie...
Tu es très loin de chez toi, mon petit...
| Ici-bas, personne ne t'entendra crier... |
(photo prise en août 2008)
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