La nuit est moite, le candélabre répand une lumière liquide à travers les feuilles lourdes du marronnier.
Sur le trottoir du quartier pavillonnaire, sa cigarette fume. Jambes croisées ou adossée à un réverbère, la putain attend son client.
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samedi 7 juin 2014
lundi 21 avril 2014
Passants
Sans vouloir refaire le coup de Strangers In The Night...
Les inconnus en imper qui font claquer leurs chaussures sur les pavés brillants de pluie, les silhouettes découpées dans les phares de voiture...
Si ça ne rappelle pas Sinatra, ça évoque forcément Bogart, le privé en planque, le feutre mou qui cache le regard et protège le mégot incandescent de la bruine, le Colt dans la poche, et la femme fatale qui va foutre en l'air l'enquête...
Les inconnus en imper qui font claquer leurs chaussures sur les pavés brillants de pluie, les silhouettes découpées dans les phares de voiture...
Si ça ne rappelle pas Sinatra, ça évoque forcément Bogart, le privé en planque, le feutre mou qui cache le regard et protège le mégot incandescent de la bruine, le Colt dans la poche, et la femme fatale qui va foutre en l'air l'enquête...
samedi 29 mars 2014
Au vieux boucher
Il y a, autour, la jolie petite
boulangerie avec ses jolies boulangères niaises ; la maison du photographe
à la façade art-déco ; la mairie néo-normande du début du XXè siècle,
briques et meulière, gerbes de fleurs autour du monument au mort ; il y a,
enfin, la brasserie qui rappelle le Paris tout proche, et les nouvelles
constructions qui singent le hausmannien, toitures inclinées en zinc, rainures
dans le béton pour imiter les séparations de pierre de taille et balcons forgés
alignés, bien comme il faut pour les bourgeois soucieux d’investir mais
réticent à trop d’audace architecturale. Le post-moderne, c’est bon pour les
artistes et les bachi-bouzouks, rigolent-ils autour d’un apéro dinatoire.
Et, donc, au milieu de cette
joliesse parfois authentique, parfois pastichée, reste le vieil étron de la rue
commerçante, avec son traiteur aux rideaux kitschs descendus pour toujours. Sa
vitrine sert à placarder des affiches pour la prochaine brocante du Lions Club,
le dernier album de Tunisiano ou des petites annonces de ménage. A la grande
époque, le patron avait fait peindre sur la devanture un petit cochon, Naf-Naf
vraisemblablement (il est vêtu de bleu, comme un maçon ; et puis c’est
écrit sur ses fesses). L’ultime anthropomorphisme du porcelet tout heureux de
se faire découper chez son charcutier favori, avec du persil dans le nez !
A la vérité ce traiteur abandonné, ce vieux boucher rappelle furieusement les faubourgs d’il y a un demi-siècle, un siècle, les quartiers populaires juste au-dessus de la misère, ceux que Doisneau a tenté de magnifier et que Céline a dépeint dans tout leur dépouillement sordide. « Quand on habite à Drancy, on ne se rend même plus compte qu’on est triste ». Le juste milieu, ni romantique ni infernal, ces cours des Miracles peuplées d’escrocs salaces, de vieux dégueulasses et de blanches colombes, c’est peut-être l’ami Georges qui l’a le mieux dépeint, par exemple dans « La Princesse Et le Croque-Notes », ou mieux encore, « Le Bistrot » dont les paroles sont reproduites en fin d'article.
C’est un vieux reste de cette époque qui
subsiste au cœur du petit centre commerçant mignon. La grosse verrue subsiste
certainement à la grâce de quelque propriétaire acharné que la Mairie n’arrive
pas à exproprier. Quand, enfin, des pelleteuses mettront par terre le traiteur-charcutier
du « Bec Fin », personne ne pourra être sérieusement déçu. Bof ;
personne ne peut avancer que c’était mieux avant. Au moins restera-t-il ces
quelques photos, témoignage d’un passé peu glorieux.
Mais…Après tout…Personne n’a dit
qu’on ne devait se rappeler que des joyeuses visions de jeunes filles
tournicotant dans leurs jupons de tulle blanc immaculés dans les rayons du
soleil de printemps au milieu de la verdure parsemée de la rosée virginale du
matin annonciateur de promesses glorieuses d’éternité bla-bla-bla ?
Si ? On n’a droit qu’aux bons souvenirs ?
Dans un coin pourri
Du pauvre Paris,
Sur un' place,
L'est un vieux bistrot
Tenu pas un gros
Dégueulasse.
Si t'as le bec fin,
S'il te faut du vin
D' première classe,
Va boire à Passy,
Le nectar d'ici
Te dépasse.
Mais si t'as l' gosier
Qu'une armure d'acier
Matelasse,
Goûte à ce velours,
Ce petit bleu lourd
De menaces.
Tu trouveras là
La fin' fleur de la
Populace,
Tous les marmiteux,
Les calamiteux,
De la place.
Qui viennent en rang,
Comme les harengs,
Voir en face
La belle du bistrot,
La femme à ce gros
Dégueulasse.
Que je boive à fond
L'eau de toutes les fon-
taines Wallace,
Si, dès aujourd'hui,
Tu n'es pas séduit
Par la grâce.
De cette joli' fée
Qui, d'un bouge, a fait
Un palace.
Avec ses appas,
Du haut jusqu'en bas,
Bien en place.
Ces trésors exquis,
Qui les embrasse, qui
Les enlace ?
Vraiment, c'en est trop !
Tout ça pour ce gros
Dégueulasse !
C'est injuste et fou,
Mais que voulez-vous
Qu'on y fasse ?
L'amour se fait vieux,
Il a plus les yeux
Bien en face.
Si tu fais ta cour,
Tâche que tes discours
Ne l'agacent.
Sois poli, mon gars,
Pas de geste ou ga-
re à la casse.
Car sa main qui claque,
Punit d'un flic-flac
Les audaces.
Certes, il n'est pas né
Qui mettra le nez
Dans sa tasse.
Pas né, le chanceux
Qui dégèlera ce
Bloc de glace.
Qui fera dans l' dos
Les corne' à ce gros
Dégueulasse.
Dans un coin pourri
Du pauvre Paris,
Sur un' place,
Une espèce de fée,
D'un vieux bouge, a fait
Un palace.
Du pauvre Paris,
Sur un' place,
L'est un vieux bistrot
Tenu pas un gros
Dégueulasse.
Si t'as le bec fin,
S'il te faut du vin
D' première classe,
Va boire à Passy,
Le nectar d'ici
Te dépasse.
Mais si t'as l' gosier
Qu'une armure d'acier
Matelasse,
Goûte à ce velours,
Ce petit bleu lourd
De menaces.
Tu trouveras là
La fin' fleur de la
Populace,
Tous les marmiteux,
Les calamiteux,
De la place.
Qui viennent en rang,
Comme les harengs,
Voir en face
La belle du bistrot,
La femme à ce gros
Dégueulasse.
Que je boive à fond
L'eau de toutes les fon-
taines Wallace,
Si, dès aujourd'hui,
Tu n'es pas séduit
Par la grâce.
De cette joli' fée
Qui, d'un bouge, a fait
Un palace.
Avec ses appas,
Du haut jusqu'en bas,
Bien en place.
Ces trésors exquis,
Qui les embrasse, qui
Les enlace ?
Vraiment, c'en est trop !
Tout ça pour ce gros
Dégueulasse !
C'est injuste et fou,
Mais que voulez-vous
Qu'on y fasse ?
L'amour se fait vieux,
Il a plus les yeux
Bien en face.
Si tu fais ta cour,
Tâche que tes discours
Ne l'agacent.
Sois poli, mon gars,
Pas de geste ou ga-
re à la casse.
Car sa main qui claque,
Punit d'un flic-flac
Les audaces.
Certes, il n'est pas né
Qui mettra le nez
Dans sa tasse.
Pas né, le chanceux
Qui dégèlera ce
Bloc de glace.
Qui fera dans l' dos
Les corne' à ce gros
Dégueulasse.
Dans un coin pourri
Du pauvre Paris,
Sur un' place,
Une espèce de fée,
D'un vieux bouge, a fait
Un palace.
Publié par
Dr Gonzo
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musique en image,
nuit,
sinistre
dimanche 9 mars 2014
Oiseaux de nuit et Picon-Bière
Et, au fait, à quoi peut ressembler Paris la nuit ? Quand tous les gens comme il faut sont partis s'encanailler dans des bars à cocktail et que les bars PMU songent à fermer boutique pour laisser la gloire nocturne aux crêperies et kebabs ?
Il reste les enseignes au néon, blafardes et intimidantes...
Il reste les rues repoussantes, dans la rue Saint-Denis, le brasseries préhistoriques où personne ne s'aventure à part quelques vieux habitués.
Les photos viennent du Quatorzième arrondissement, ses bars vintage, ses petites enseignes typiques, son allure de village pour habitants effrayés par l'extérieur et le moderne.
Le poème Gonzo vient du Premier arrondissement, près de la rue de la Grande Truanderie.
Les filtres des photos sont de fabrication Cokin. Bien sûr.
Il reste les enseignes au néon, blafardes et intimidantes...
Il reste les rues repoussantes, dans la rue Saint-Denis, le brasseries préhistoriques où personne ne s'aventure à part quelques vieux habitués.
Les photos viennent du Quatorzième arrondissement, ses bars vintage, ses petites enseignes typiques, son allure de village pour habitants effrayés par l'extérieur et le moderne.
Le poème Gonzo vient du Premier arrondissement, près de la rue de la Grande Truanderie.
Les filtres des photos sont de fabrication Cokin. Bien sûr.
PMU
Formica, couscous à volonté
Je nage
dans le beur, plonge dans le passé .
Qui a fait la poussière pour la
dernière fois ?
Ou dégraissé les lames des
stores vénitiens ?
Sur le zinc le texte
sacré : Le Parisien.
Je n’étais pas l’unique client
depuis des mois
C’est la
rue Saint-Denis, prostituées, macadam
J’errais la
bave aux lèvres sur le chemin des dames
Quand dans
le crépuscule, l’aura du bar-tabac
Chargée de
nostalgie, me jeta dans ses bras
Brave Algérien ridé, astiquant
tes couverts
D’accueillir un client, tu
n’étais pas peu fier
Tu chauffas le couscous, fis
briller les bananes
Tu servis aussitôt deux verres
de Boudaouane.
Balayés les
cafards, assoupi le poivrot,
De loin, de
l’extérieur, brillait le vieux bistrot,
Mon phare
dans la nuit, quand, repu, à la fin,
Il
m’éclairait encor pour choisir ma catin .
samedi 1 mars 2014
Réseau Express Régional
Et voilà ce qui se passe, dans la ligne B du Réseau Express Régional, un samedi soir.
Paname, Paname, Paname, Paname (paroles de MC Jean Gag'1)
Paname, Paname, Paname, Paname (paroles de MC Jean Gag'1)
Ligne B traverse la capitale, néons brulants pour cramer de tristes panoramas des petites existences isolées.
Seul, ou parfois même accompagné ?
On trompe sa solitude sous le Forum des Halles
Vite vite, où est la sortie ?
dimanche 23 février 2014
Showroom Dummies
Ce mannequin abandonné au dernier étage d'un immeuble de la grande ville, finira-t-il par s'animer ?
Comme dans les fantasmes robotiques de Kraftwerk ?
Comme dans les fantasmes robotiques de Kraftwerk ?
eins, zwei, drei, vier...
We are standing here
Exposing ourselves
We are showroom dummies
We are showroom dummies
We're being watched
And we feel our pulse
We are showroom dummies
We are showroom dummies
We look around
And change our pose
We are showroom dummies
We are showroom dummies
We start to move
And we break the glass
We are showroom dummies
We are showroom dummies
We step out
And take a walk through the city
We are showroom dummies
We are showroom dummies
We go into a club
And there we start to dance
We are showroom dummies
We are showroom dummies
We are showroom dummies
Exposing ourselves
We are showroom dummies
We are showroom dummies
We're being watched
And we feel our pulse
We are showroom dummies
We are showroom dummies
We look around
And change our pose
We are showroom dummies
We are showroom dummies
We start to move
And we break the glass
We are showroom dummies
We are showroom dummies
We step out
And take a walk through the city
We are showroom dummies
We are showroom dummies
We go into a club
And there we start to dance
We are showroom dummies
We are showroom dummies
We are showroom dummies
extrait de l'album Trans Europe Express (1977)
Publié par
Dr Gonzo
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nuit,
sinistre
dimanche 2 février 2014
La fête est finie
Sur son premier album solo, John Lennon, pour enterrer une bonne fois pour toutes l'utopie sixties, chanta "The Dream is Over" dans la chanson "God".
A cette fête ratée où autour de nous, des jeunes gens sérieux parlaient politique, se rappelaient en riant de répliques de sketches des Inconnus, et comparaient la taille de leurs emprunts immobiliers...
A cette fête, un ami chuchota : "On se croirait à la fin d'un mariage, à quatre heures du matin. La fête est finie, et on est les seuls à ne pas s'en être rendus compte."
dimanche 19 janvier 2014
La potion magique
La potion Magique
(nuit hachichine)
Coule la nuit de velours
Inonde les rues
Où les étoiles ne sont plus.
Appesantis le monde en nous
Montrant l’infini.
Filent et sifflent au loin
Des trains
Courent des Cendrillons vers d’improbables fêtes où
On ne les attend pas.
Fais briller la lumière
Du maigre réverbère,
Comme un phare pernicieux
Qui éclaire ce qui ne devrait pas
Se montrer, ce qui devrait rester
Tapis.
Mais toi, la nuit, me fais tout voir.
Tant pis.
Et l'espace et le temps ne sont que des notions
Absurdes et lointaines, quand les murs dégoulinent...
Après quelques gorgées de l'épaisse potion,
Du dawamesk amer, naît la transe hachichine.
Article rédigé avec l'aide de Charles Baudelaire et Théophile Gautier
dimanche 15 septembre 2013
Après l'Apocalypse
Apocalypse, Révélation...
Après la fin du monde, l'inutile reprend ses droits, ce qui était invisible se révèle. Les remontées mécaniques sont la nouvelle dentelle sur les cîmes.
Après l'apocalypse, la lune reprend du service et le survivant soudain se rappelle de cette lumière corrompue que les réverbères avaient reléguée dans le caniveau.
Après la fin du monde, l'inutile reprend ses droits, ce qui était invisible se révèle. Les remontées mécaniques sont la nouvelle dentelle sur les cîmes.
Après l'apocalypse, la lune reprend du service et le survivant soudain se rappelle de cette lumière corrompue que les réverbères avaient reléguée dans le caniveau.
vendredi 6 septembre 2013
lundi 17 juin 2013
Vénus à la fourrure
En 1967, comme tout le monde, le
Velvet Underground décide de marquer l’histoire de la musique pop en injectant
dans les veines des rares aficionados de l’époque un poison violent, une
héroïne à retardement qui, quarante ans plus tard, a contaminé le monde de la
musique pour s’imposer, seigneur décadent, comme le monument de la perversion
urbaine, le témoignage de l’ombre glauque qui règne sur les rues sombres de
Gotham.
Au tiers du disque, à peine
digéré Femme Fatale clamé par Nico le glaçon, ce bon vieux Lou décide de poser
son parlé-chanté inimitable sur un tapis de désaccords et de larsens à l’alto
exécutés par John Cale l’extrémiste. Le thème subversif du maître et de l’esclave,
les paroles, jusqu’au titre Venus In Furs, sont directement inspirés du roman
de Leopold Von Sacher-Masoch : La Vénus à la fourrure. Cet ouvrage a
défini le masochisme, le terme est dérivé du nom de l’auteur, et le style comme
l’histoire rappellent les variations du romantisme noir que Huysmans ou Baudelaire
porteront aux nues. Il y est question d’un jeune homme envoûté par une amante
dominatrice, d’une statue interdite qui luit dans les bois, la nuit.
La Vénus à la fourrure est aux
Cinquante nuances de Grey ce que Charles Manson est à Bécassine.
« Il faut qu’elle se montre
cruelle envers moi pour que je puisse l’adorer »
« Lentement, avec une
majesté indolente, elle gravit les marches de marbre, abandonne sa précieuse
pelisse et pénètre d’un pas nonchalant dans la salle envahie par la fumée
argentée d’une centaine de bougies. »
Vers la fin du roman, l’essentiel
observateur, voyeur et rival se personnifie : c’est le Grec, qui emportera les
faveurs de la Vénus pour qui le narrateur est devenu esclave :
« ‘Lorsque le lion qu’elle a
choisi pour compagnon se trouve attaqué par un autre lion, raconte le Grec, la
lionne se couche tranquillement et contemple le combat. Si son mâle succombe,
elle ne l’aide pas ; elle le regarde avec indifférence mourir dans son
sang sous les griffes de son rival, et elle suit le vainqueur, le plus fort. C’est
dans la nature des femmes.’
Ma lionne me lança alors un coup
d’œil bizarre. Je frissonnai sans savoir pourquoi, et la lumière rouge de l’aurore
nous plongea tous les trois dans le sang. »
Voici ce que Lou Reed en a tiré :
“Downy sins of streetlight fancies
Chase the costumes she shall wear
Ermine furs adorn the imperious”
Chase the costumes she shall wear
Ermine furs adorn the imperious”
“Severin, severin awaits you thereI am tired, I am weary
I could sleep for a thousand years
A thousand dreams that would awake me
Different colors made of tears”
Publié par
Dr Gonzo
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